Témoignage choc de Saran Cissé : « les charniers des victimes du 28 septembre… »

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Massacre du 28 septembre 2009

CONKARY-Saran Cissé, victime du 28 septembre 2009 n’arrive pas encore à faire le deuil huit ans après le massacre ! Comme elle, beaucoup d’autres victimes ne savent toujours pas où sont enterrés leurs proches. Après des années de pleurs, elle a décidé de sécher ses larmes et se battre pour obtenir justice.

Madame Cissé interpelle les autorités à aider les victimes à retrouver les charniers avant le procès.  Elle était au stade lorsque l’armée a ouvert le feu sur les civils, violé des femmes en plein jour. Son témoignage choc témoigne de l’ampleur de la barbarie qui s’est déroulée ce lundi noir au stade.

« J’ai perdu beaucoup de personnes : des amis, des parents et des proches. Heureusement que je suis là en train de témoigner sur ce que j’ai vécu ce jour-là. Mais je pense à ceux qui n’ont pas retrouvé les leurs. Les disparus. Quand tu es enterrés, tes parents savent où trouver ta sépulture, mais quand tes enfants te demandent où est mon père, où est ma mère ? Tu restes sans réponse à leur donner, c’est insupportable. Et jusqu’à présent l’Etat n’arrive pas à nous dire où se trouve les disparus du 28 septembre. Nous réclamons là où ils ont mis les disparus. Je réclame les disparus, qu’on nous montre là où ils les ont enterrés. En ce moment on cherchera à savoir qui est là et qui ne l’est pas. Je réclame la justice, je réclame les charniers. Qu’on nous dise où ils les ont enterrés », lance Saran Cissé à l’endroit du Gouvernement.  

Selon cette dame qui a eu des sévices ce lundi noir au stade, quelque soit les efforts qui seront fournis, nul ne peut savoir le nombre de femmes violées en pleins jour ce jour-là. « Ce sont des mamans, des sœurs, des personnes religieuses qui ont été victimes. C’est donc difficile que ton enfant t’entende dire que oui j’ai été violée. Tu souffres, mais tu ne peux pas le dire en public. Quand un enfant entend que sa maman a été violée par des délinquants, c’est insupportable. C’est pourquoi beaucoup de victimes gardent le silence », témoigne Saran Cissé qui a encore du mal à sortir du traumatisme.

« Voir une femme en train d’être violée en plein jour par un inconnu, c’est quelque que je ne vais jamais oubliée. Etant une mère, voir un enfant d’autrui tué devant toi, c’est inoubliable parce que tu penses à tes enfants. Je me rappelle bien lorsque je grimpais, il y a un jeune qui m’aidait à grimper, ils l’ont tiré devant moi, il est tombé, moi je suis tombée de l’extérieur. Même si on me réveille à 5 heures du matin je pense à ça. Ce qui me touche surtout, c’est le fait que je n’ai jamais vu quelqu’un qui dit être son parent. Je l’ai toujours pleuré, je ne vais jamais oublier ce jeune jusqu’à ma mort. Mais maintenant j’ai compris que les larmes ne servent à rien devant ton ennemi. Il faut le combattre, il se battre pour obtenir la justice. Puisque les gens qui ont fait ça c’est des ennemis de la Guinée », martèle cette victime.

A suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Vendredi 29 septembre 2017 à 21:02

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