Violences à Conakry et Boké : Tibou Kamara s’exprime… (Exclusif)

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Interview
Tibou Kamara, Ministre d'Etat Conseiller personnel du Président de la Républiqueu
Tibou Kamara, Ministre d'Etat Conseiller personnel du Président de la Républiqueu

CONAKRY- Comment mettre fin aux violences aussi bien à Conakry que dans certaines villes de l’intérieur du pays ? Au lendemain de l’assassinat d’un jeune garçon à Conakry en marge de la marche organisée par l’opposition guinéenne, le Ministre Conseiller personnel du Président de la République a pris des engagements. Tibou Kamara qui s’est confié en exclusivité à notre rédaction est revenu sur les revendications de l’opposition et les violents évènements que connaît la région de Boké depuis plusieurs jours. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : La marche de l’opposition du 20 septembre dernier s’est soldée par mort d’un jeune garçon qui a reçu plusieurs balles. Quelle est votre première réaction en tant que Ministre Conseiller personnel du Président de la République ?

 

TIBOU KAMARA : Je voudrais tout d’abord présenter mes condoléances les plus attristées à la famille du disparu et exprimer la solidarité du Président à l’endroit de sa famille et de ses proches, ainsi qu’à tous les citoyens de notre pays. Lorsqu’un guinéen décède, surtout dans des circonstances telles que nous l’avons connues, on ne peut que déplorer et souhaiter que cela n’arrive plus parce que la manifestation étant un droit qui est reconnu par notre constitution, il n’y a pas de raison lorsqu’il y a une manifestation, qu’elle se solde par mort d’homme. C’est une situation que chacun a condamné ; Le Gouvernement lui même, sur instruction du Président de la République, a fait un communiqué pour expliquer qu’une information judiciaire était ouverte pour situer les responsabilités, faire toute la lumière sur ce drame. La mort d’un citoyen ne peut pas restée impunie dans un Etat de droit.

L’opposition guinéenne à sa tête son Chef de file Cellou Dalein Diallo réclame entre autres la tenue des élections locales avant la fin de cette année. Qu’est-ce que le Gouvernement est entrain de faire dans ce sens ?

 

Vous savez avant la manifestation de l’opposition, dans le cadre de la recherche de solution aux revendications qui découlent des accords politiques, avec l’implication personnelle du Président de la République qui est aussi l’initiateur et le garant de l’accord politique, il avait été annoncé que le Gouvernement mettait à la disposition de la CENI les ressources nécessaires à l’organisation des élections locales ; Il avait été également demandé à la CENI de rencontrer le plus rapidement possible tous les acteurs concernés pour discuter de son projet de chronogramme pour aboutir à un chronogramme définitif et à une date des élections communales. Cela va dans le sens de la décrispation politique après les escalades qu’on a connues. C’était de nature à rétablir la confiance et à nous ouvrir le chemin des élections. L’opposition a pris acte des avancées significatives mais elle attendait qu’o aille jusqu’au bout, c’est à-dire le chronogramme définitif et la date des élections. Cela sera une réalité bientôt puisque depuis hier jeudi 21 septembre 2017, la CENI a ouvert un atelier pour discuter avec les acteurs, dans le cadre des concertations qu’elle a initiées. Je pense que nous allons trouver une solution à la revendication principale qui est de donner une date pour les élections communales, qu’il ne subsiste plus le moindre doute quant à la volonté des autorités de les organiser.

Les manifestations continuent dans la région de Boké. Après Kamsar, c’est autour de la sous-préfecture de Kolaboui de vivre des scènes de violence. Peut-on dire que la situation est entrain d’échapper à votre contrôle ?

 

Vous avez suivi le communiqué du Gouvernement hier (jeudi 21 septembre 2017, Ndlr), qui a reconnu la liberté et le droit des citoyens à manifester et de revendiquer dans le cadre de la Constitution et des lois de la République. Mais en même temps, le Gouvernement a rappelé le devoir impératif de le faire dans le cadre de la Constitution, dans le calme, dans la sérénité, dans l’ordre et dans la discipline, surtout dans le respect de la sécurité des personnes et de leurs biens. Le Gouvernement condamne la violence comme moyen d’expression lorsqu’il s’agit d’exprimer des frustrations. Nous avons privilégié le dialogue et la concertation pour trouver la solution aux problèmes pour éviter que le maintien d’ordre n’aboutisse à des accrochages avec la population. Mais le Gouvernement reste vigilant et ferme sur les grands principes ;

Donc rassurez-vous que la situation sera maitrisée, la tranquillité des citoyens sera restaurée, la sécurité des citoyens et leurs biens sera assurée. Je suis convaincu qu’on est pas loin d’une solution qui aidera Boké à retrouver sa tranquillité et à poursuivre son chemin vers le progrès. C’est le lieu et l’occasion pour moi d’appeler les populations de Boké au calme et à la retenue, et à faire confiance à la vertu du dialogue pour trouver une solution à toutes leurs revendications dont personne ne conteste qu’elles soient légitimes. Mais on souhaite qu’elles soient exprimées dans un cadre de droit et aussi dans un esprit de dialogue avec les autorités publiques.

Le Gouvernement s’engage toujours, mais généralement cela n’est pas suivi d’effet Monsieur Kamara…

Je pense qu’il est évident que nous devons faire preuve de plus d’efficacité dans la conduite de notre action face à l’urgence des besoins et à l’impatience des populations. Le Président de la République est le premier à encourager le Gouvernement à prendre à bras le corps les problèmes des populations, et instruit même publiquement que chacun fasse preuve de plus d’engagement et de dévouement dans l’accomplissement de son devoir. Il y a des conséquences et des leçons à tirer. Nous veillerons à ce que nous soyons de plus en plus à l’écoute des populations et de leurs préoccupations, et de leurs adresser des réponses plus claires et concrètes. En plus du suivi et du respect des engagements lorsqu’ils sont pris, il faut plus de sincérité et de vérité dans les relations avec les populations et les amener à adhérer à la politique qui est menée, pour éviter souvent les malentendus et les frustrations qui aboutissent souvent à la violence.

Le Chef de l’Etat a érigé Boké en zone économique, cela traduit une volonté politique de sa part de prendre en charge l’ensemble des problèmes de la région et surtout d’en faire un pool économique et social.

Ne craignez-vous pas que les sociétés minières qui évoluent dans la région de Boké ne suspendent leurs activités à cause de toutes violences ?

Je pense qu’il n’y a pas à céder. Il y a à écouter les cris qui sont élevés à Boké ; Je pense comme on l’a tous dit, à commencer par le Président de la République, que les revendications sont légitimes, puisqu’allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations de la région de Boké, allant dans le sens d’une meilleure collaboration entre les sociétés évoluant dans la région et les populations, allant dans le sens du développement économique et social de Boké. Il n’y a pas à céder, il y a écouter, à comprendre ces revendications. Le Chef de l’Etat lui même après la crise du mois d’avril dernier avait pris des initiatives allant dans le sens de répondre à certaines préoccupations qui avaient été exprimées. Il a instruit aussi bien au Gouvernement qu’aux sociétés minières de se rapprocher des populations, ça c’était bien avant cette autre crise. Il a demandé à ce qu’on prenne en compte leurs préoccupations. Je n’ai pas de doute que le Chef de l’Etat tirera les leçons et les conséquences de ces crises intervenues à Boké, et saura comme d’habitude recréer un climat de confiance d’une part entre les populations et l’Etat, et d’autre part entre les populations et les entreprises minières.

 

Entretien réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Créé le Vendredi 22 septembre 2017 à 13:27

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