Immersion dans Tougué : une préfecture en manque de tout…

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TOUGUE-Infrastructures vétustes, enclavement, pauvreté ! La préfecture de Tougué l’une des  cinq que composent la région administratives de Labé présente l’image d’une ville à l’abandon. Depuis l’indépendance de la Guinée en 1958, cette préfecture n’a connu aucune aide visible pour son développement. Le peu d’infrastructures qui existe est d’héritage colonial.

Cette petite agglomération reste orpheline en  matière d’infrastructures administratives. Les quelques rares bâtiments visibles dans le centre administratif de la préfecture n’existent que de nom puisqu’ils sont tous ou presque hors usage.

Pourtant elle son sous-sol est riche en bauxite et dispose suffisamment de ressortissants riches animés d’une volonté de contribuer de façon active au développement de leurs localités respectives relevant Tougué. La construction des écoles, des routes, des mosquées, des hôpitaux en font foi. Mais le centre urbain de Tougué n’a pas l’image d’une ville.

Située à 85 km de Labé, Tougué est l’une des toutes premières préfectures de la Guinée érigée en 1901 sous la période coloniale, mais le centre urbain de cette préfecture a du mal  à donner même l’image d’une sous-préfecture digne de nom. L’état des infrastructures laisse à désirer. Le centre urbain avec zéro kilomètres de bitume. Amadou Bailo Baldé fonctionnaire à la retraite regrette cet état de fait.

 « Tougué est une vieille préfecture en Guinée. La première école de Tougué qui date de 1930 n’est  jamais renouvelée, c’est une école languissante. Les infrastructures de Tougué sont vraiment vétustes. Les bâtiments sont tous dénudés. Des infrastructures scolaires sont nouvelles à certains endroits grâce à l’apport des ressortissants. Voyez le bâtiment de la préfecture et ses services, vous comprendrez que tous ces bâtiments ont plus d’un siècle parce qu’entre 1901 et 2017 il y a au moins 115 ans. Tougué a été érigée en préfecture sous la période coloniale alors que certaines localités devenues préfectures sous la révolution sont mieux développées que Tougué » explique ce fonctionnaire à la retraite.

Tout est à refaire…

Tout est à faire à Tougué pas à refaire, parce qu’il n’y a rien, résume Abdoul Diallo fonctionnaire en service à Tougué centre.

Le préfet de Tougué, Elhadj Abdourahmane Baldé avoue que même ces édifices vétustes sont insuffisants par rapport au besoin du moment en termes d’infrastructures pour sa ville.

 « Les infrastructures de l’Etat sont très peu à Tougué par rapport au besoin. Tous les bâtiments sur place sont hérités de la colonisation. Tout est frappé de caducité, de vieillesse. Ces infrastructures sont presque hors usage de nos jours. Tougué n’a pas bénéficié suffisamment de l’indépendance point de vue infrastructures. Nous faisons appel à l’Etat de penser à la rénovation ou la construction des édifices publics au niveau de l’administration », lance le premier responsable de cette ville de la moyenne Guinée.

Face à l’impuissance de l’Etat, les ressortissants s’organisent pour le développement de Tougué. Des infrastructures sociales  de base sont visibles dans les communes rurales. Mais le centre-ville semble être aux oubliettes.

Tougué, un village à perte de vue…

 « Les ressortissants apportent un plus au développement de la préfecture de Tougué mais le centre semble oublié. A Koumbama, il y a une des belles infrastructures scolaires faites par des ressortissants, c’est valable à Fatako, à Diambessè, à kollagui, à koyin , les ressortissants jouent le rôle de l’Etat dans la construction des écoles, des structures sanitaires. Ce qui pose problème c’est le centre urbain de Tougué, ils n’ont pas la volonté de contribuer au développement du centre-ville. La préfecture est un village à perte de vue. Il n’y a rien qui attire. Le développement de Tougué centre tarde à venir » déplore Amadou Baldé 62 ans natif de Tougué

Alpha Amar Baldé, président de la société civile de Tougué estime que l’apport des ressortissants  est capital mais précise que ces aides venant des fils de la localité ne sont pas inscrites dans le plan de développement local

« Des gens nantis qui aiment leurs localités d’origine investissent sur le développement. Malheureusement ceci n’est pas inscrit sur les plans locaux de développement des collectivités. Les ressortissants investissent sur ce qui attire leur attention quand ils le veulent et ou ils le veulent. Il n’y a pas d’harmonie entre les ressortissants et les collectivités. Les autorités sont obligées d’accepter tout appui que les ressortissants leur imposent. C’est des mosquées, des écoles, des centres de santé des postes de santé. Et ils n’écoutent pas les orientations des autorités », explique cet acteur de la société civile.

Pour rallier Tougué en quittant Labé, la capitale de la moyenne Guinée il faut au minimum 4 heures de temps pour une distance de 85 kilomètres. L’axe Labé-Tougué présente actuellement des endroits très critiques. Mme  Saliou Baldé venue faire la fête de Tabaski en famille a payé les frais de l’état de dégradation de la route.

« La route Labé-Tougué longue de 85 kilomètres est la plus pratiquée, mais nous avons fait 4 heures entre Labé et Tougué, il y a des nids de poules partout, rien ne marche. Je demande à l’Etat de nous aider comme il y  a le projet de barrage de Koukoutamba. Maintenant quand vous voyez les autres routes qui relient les sous-préfectures à Tougué centre, comme fello Koudouwa qui fait frontière avec le Mali Bamako, c’est encore pire. Tougué souffre vraiment de ses routes », s’alarme ce ressortissant de Tougué.

Aliou Konaté en service à Tougué dénonce le manque de qualité dans le travail effectué par les entreprises qui ont réparé la route.  « La route est très mauvaise, mais c’est acceptable par rapport à l’année dernière. Ce qu’il faut déplorer, c’est un travail bâclé, les entreprises n’ont pas mis des caniveaux, ce qui fait que l’eau se fraye un passage sur la route même, regarder tout a cédé encore », déplore ce citoyen.

Un seul canal d’information

La préfecture de Tougué n’a qu’un seul canal d’information. Le centre urbain n’est pas accessible aux ondes des radios privées qui émettent à partir de Labé, ce qui rend l’accès à l’information difficile. Le seul recours reste la radio rurale de Tougué qui émet de 18h à 23heures.

L’espoir d’un développement durable est cependant permis avec le projet de construction du barrage hydraulique de Koukoutamba financé par l’OMVS (organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal). Cette préfecture continentale peut également aspirer à un développement rapide lorsque ses ressources naturelles qui sont encore en « jachères » vont commencer à être exploitées.

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 657 41 09 69

Créé le Mardi 19 septembre 2017 à 9:14

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