Francis Haba, vice-président de l’UGDD : « Trop c’est trop ! »

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Francis Haba, Vice-Président de l'UGDD
Francis Haba, Vice-Président de l'UGDD

Trop c’est trop, toute domination d’Etat, tout enrichissement illicite de gouvernés, toute exploitation de ressources naturelles bafouant les droits fondamentaux de nos populations peuvent entrainer de la « violence » ! Je suis attristé par les fanfarons intellectuels voulant faire avaler aux populations leur pensée unique qui consiste à affirmer que « rien, absolument rien, ne peut justifier la violence populaire ». Ces pseudo-pacifistes vont jusqu’à vouloir légitimer les violences des forces de l’ordre sur les paisibles populations revendiquant légitimement leurs droits. Il s’agit du mot d'ordre général pour l’élite au pouvoir ainsi que leurs complices dont le seul objectif est de maintenir leurs différentes positions lâchement dominantes acquises lors des dernières élections par des tours de magies digne du légendaire magicien prestidigitateur Harry HOUDINI qui faisait disparaitre des éléphants lors de ses spectacles. Oui, les revendications de masse contre l’État et les multinationales peuvent se faire de façon pacifique et dans le cadre autorisé par le pouvoir s’il s’agit d’un régime fort lui-même respectant ses lois et des sociétés se préoccupant du bien-être des autochtones. Peut-on être gardien de l’enfer et mourir de froid ? Je pense que non. Fort malheureusement, on est en face d’un système mafieux, de sociétés offshores qui exploitent comme des hors la loi les ressources de Boké, détruisant la faune et la flore de la zone et que dire de la pollution des cours d’eau et de tout l’environnement rendant impossible dans un proche avenir l’agriculture, l’élevage, tuant à petit feu les populations à force de respirer la terre rouge propagée dans l’air par les camions transportant la bauxite à ciel ouvert sous la complicité ahurissante du régime actuel, des autorités locales et des élus locaux. Ces pratiques ne sont-elles pas violentes ? En avez-vous dénoncé ? Vous les militants s’enveloppant dans ce pacifisme automatique et léger cherchant à imposer un système d’exploitation déjà défaillant. Savez-vous comment et pendant combien de temps les Siguirikas avaient lutté avant de bénéficier des avantages de recrutement que leur accordait le code minier et surtout avant d’avoir une partie de la Préfecture électrifiée ? Savez-vous comment les étudiants de Julius Yereré de Kankan, ceux d’Abdel Gamal Nasser de Conakry avaient lutté avant de récolter de petits avantages ? Savez-vous par quelle méthode de revendication les Friakas avaient réussi à faire refaire les voiries importantes de leur ville ? Allez-savoir. Depuis 1984, la libéralisation sauvage du pays n’a eu pour seuls effets la paupérisation des populations à la base au profit des Capitaux, des dictatures sanglantes, de la corruption démesurée, du clientélisme primaire, de l’enrichissement illicite des gouvernants… Face à cet état de fait et sans faire l’apologie de la violence, les révoltes populaires guinéennes se sont exprimés, s’expriment, exprimeront et sont pour la plupart la résultante de plusieurs démarches pacifiques qui sont ignorées voir réprimées par des autorités sans foi ni loi. Et lorsque ces citoyens persécutés, se sentant trahis n’ont aucune autre alternative, je dis qu’il n’y a pas de pacifisme absolu pour ce faire entendre. A ceux qui justifient ces violences d’Etat, ces morts par balle, je réponds trop c’est trop, on en a marre de vos justifications à géométrie variable. Nos forces de l’ordre (pourtant nourris, habillés par nos impôts et taxes) ont tué à balle réelle et continuent à le faire impunément alors qu’ils disposent de moyens conventionnels. Cela aussi, pourrait éclater un jour car ceux qui les subissent aujourd’hui ne resteront pas éternellement à cette position ! Donc au Gouvernement de se mettre au-dessus de la mêlée en respectant ses propres lois, ses promesses et surtout en rappelant à l’ordre ces entreprises qui font la pluie et le beau temps au Kakandé. Comme le disait l’autre « la violence aux mains du peuple n’est pas la violence, mais la justice. »

 

 Francis HABA V/P UGDD

Créé le Dimanche 17 septembre 2017 à 11:01

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