Emeutes à Boké : Makanéra indexe le Gouvernement…

Emeutes à Boké

CONAKRY- Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres à Boké ? L’ancien ministre de la communication vient d’expliquer les raisons qui ont irrité la colère des populations du Kakandé. Alhouseine Makanéra Kaké qui ne décolère pas contre le Gouvernement appelle les manifestants à rester soudés derrière leurs revendications.

 « Les violences sont regrettables mais s’il faut situer la cause, on peut entièrement l’incomber au Gouvernement de la République de Guinée. Parce que les gens de Boké après le vol de leurs matières premières on assiste au viol de leur droit les plus élémentaires. Les jeunes ont décidé de manifester en respectant les lois de la République en faisant en sorte que personne ne soit inquiété par leur démarche. Malheureusement c’est à l’arrivée es forces de l’ordre qui ont commencé à tirer sur les gens, en blessant en tuer qui a mis le feu au poudre », a expliqué l’opposant.

« Pourquoi tous ces problèmes ? », s’est-il interrogé avant de répondre lui-même que « c’est tout simplement parce qu’on n’a pas respecté les législations en la matière. Il y a un code minier qui est clair et qui dit avant l’installation d’une société minière, il faut faire l’étude de l’impact environnemental et social (…). Qu’est-ce qui se passe à Boké ? On envoie les sociétés, la population riveraine voit les sociétés travailler et les sociétés ne prennent pas en compte les préoccupations des populations », soutient l’ancien collaborateur d’Alpha Condé devenu l’un de ses farouches opposants.

A Boké aujourd’hui, explique M. Makanéra, les paysans ne peuvent plus faire l’agriculture, ils ne peuvent pas faire le jardin potager. « Soit ils sont empêchés par la poussière que soulèvent les camions qui transportent les minerais ou c’est l’eau qui est contaminée par les lubrifiants ou encore les enfants sont incapables d’aller à l’école à cause de la poussière. Pour toutes ces raisons il y a eu les émeutes en avril dernier, malheureusement le Gouvernement a fait des promesses qu’il n’a pas respectées. Le Président de la République a promis 70 camions aux jeunes de Boké, cela n’a pas été suivi d’effet. Alors qu’au fond ce que Boké demande est très peu par rapport à ce qu’on lui retire », s’insurge cet originaire du Kakandé, reprochant au Président Alpha Condé d’avoir acheté des groupes brésiliens à 140 millions de dollars, qui selon lui, sont restés ici pendant des années sans fournir même un kilowattheure.

Or, note-t-il, « pour l’aménagement du fleuve de Kogon, on a simplement demandé 100 millions de dollars pour fournir 92 mégawatts. La ville de Boké n’a besoin que de 6 mégawatts aujourd’hui pour avoir l’eau et l’électricité. On refuse de financer 100 millions pour un barrage, on paie des groupes qui ne fonctionnent pas avec des amis à plus de 100 millions de dollars. Comment la population va comprendre ça ? Pendant qu’on est en train de dire qu’on veut aider Boké pour avoir l’électricité, on n’a pas pu trouver de groupes, ni travail, il n’y a pas d’infrastructures, on nous apprend que le Président de la République vient de signer un contrat cadre avec les chinois pour un montant de 20 milliards de dollars et qu’un milliards cinq cent millions sont décaissables maintenant là. Cette somme est orientée ailleurs : la voirie de Conakry, la route Coyah-Dabola, et la construction d’une université. Alors que la plus part de la matière première qui sera échangée contre ce montant tire son origine à Boké. Et on oublie Boké dans cette affaire. Comment voulez-vous que les jeunes de Boké puissent comprendre ce gouvernement », s’interroge l’opposant, avant de poser une exigence au Gouvernement.

« Nous réitérons la même exigence. Si on doit injecter 1 milliards cinq cent millions de dollars pour la Guinée, qu’on puisse injecter  à Boké les 500 millions de dollars et d’orienter le reste ailleurs. Ces 500 millions permettront de faire le barrage hydroélectrique sur le Kogon, (…) Ce qui pourra permettre aux gens de Boké d’avoir de l’industrie domestique mais aussi de penser à l’industrie. Nous avons dit aux jeunes de Boké de s’organiser, d’être unis derrière leur idéal. Il ne faudrait qu’ils se trompent de combat et de cible. Aujourd’hui, le seul adversaire des fils de Boké, c’est ceux qui veulent prendre nos matières premières sans contrepartie. Pour cela, il faudrait par les voies légales défendre nos droits jusqu’au bout », martèle l’opposant.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 16 septembre 2017 à 11:20