Conakry : Une décision du Gouvernement fâche des citoyens du quartier Kaporo-rails…

Gouvernance

CONAKRY-Une décision du département de la ville et de l’aménagement du territoire suscite des complaintes chez certains citoyens du quartier Kaporo-rails.

Bah Mamadou mécanicien chauffeur de son état, est assied sous l’ombre d’un manguier dans un vaste domaine jonché d’épaves et de ferrailles de véhicules de toutes sortes. L’inquiétude se lie sur son visage. Il sait que des lendemains difficiles l’attendent depuis que le département de la ville les a sommés de déguerpir des lieux sans délai. 

« Le département de la ville est venu nous dire de quitter les lieux sans délai. Certains d’entre nous n’avaient même pas où aller. On a pris nos biens pour les envoyer chez nous. Nous sommes en train de chercher un point de chute, parque le Gouvernement ne nous a pas dit où aller », nous raconte-t-il.

Depuis dix ans, ce trentenaire exerçait tranquillement son métier à Kaporo Rail, dans un terrain qui avait été récupéré par l’Etat dans les années 2000.  Il dit être conscient qu’ils occupaient un domaine de l’Etat, mais ce qui lui fait mal aujourd’hui, c’est le fait de n’avoir pas été averti à temps par l’Etat. « Ils sont venus nous dire de quitter sans préavis », confie-t-il.

Ce qui le préoccupe de plus aujourd’hui, c’est de se retrouver au chômage. «Nous serons obligatoirement au chômage parce qu’il faut trouver une autre place pour travailler », craint le mécanicien, se consolant toutefois d’une promesse qui comporte encore d’autres risques.

« On m’a promis une place qui se trouve jusqu’à Gomboya derrière une usine, sous les hautes tensions. Même ça aussi, c’est dans un autre domaine de l’Etat. Mais on est obligé d’y aller », souligne Mamadou Bah.

Ibrahima Barry est spécialisé dans la fabrique de pièces à l’aide des métaux. Il en modifie d’autres pour faire des adaptations pour les voitures en épave. Arrêté sous la pénombre de son conteneur qu’il était en train de défoncer, il nous explique que depuis cinq ans, il travaille  à cet endroit. Il gagnait relativement bien sa vie à travers son métier. Il a même formé au moins trois personnes qui sont toutes qualifiées aujourd’hui. Aujourd’hui, il ne sait que faire.

 « J’avais près de six machines de tournage ici qui fonctionnaient bien. Un beau matin on a vu des gens avec de la peinture, mettre des croix sur nos conteneurs en demandant de quitter sans délai. On était embrouillés, personne ne savait que faire. Ceux qui n’ont pas suffisamment de moyens, ont détaché leurs biens pour les revendre. Mais moi, j’ai payé des grues pour envoyer mon matériel de travail au bord des rails. Mais même là-bas, c’est une zone réservée. Je ne sais pas quel jour on va nous chasser. On est vraiment embarrassé. On quitte ici malgré nous », explique le mécanicien, ajoutant qu’il est obligé de libérer certains de ses employés en attendant de trouver un autre endroit plus sûr.

« Nous allons perdre des clients non seulement, mais aussi nous allons libérer certains de nos ouvriers. Chez moi ici, j’ai six personnes qui travaillent à mon compte. Mais je suis obligé de les libérer d’abord », dit-t-il peiné. Il demande à l’Etat de leur trouver un autre point de chute.  

« Nous demandons à l’Etat de nous trouver un lieux où on peut librement exercer nos métier pour vivre tranquillement », lance Ibrahima Barry.

Merci de suivre la vidéo…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 03 mai 2016 à 19:26