Football : Les stades de Conakry entre décrépitude et abandon… (Reportage)

Reportage

CONAKRY-  Comme nous vous l’annoncions il y a à peine quatre jours, la Guinée, confinée à cause d’Ebola pendant deux ans, peut enfin respirer puisqu'elle pourra désormais abriter les matchs internationaux sur son territoire.

L’instance dirigeante du football Africain (CAF), autorise désormais la Guinée à organiser des ‘’matchs continentaux’’ suite à la décision de l’OMS qui a déclaré cette Nation désormais ‘’free-Ebola’’. Mais à quel prix ?

Membre à part entière de la fédération Internationale de Football Association (FIFA) et de la CAF, la Guinée est désormais face à son destin. Obligées de délocaliser tous les matchs Internationaux au Maroc, pendant deux ans,  les autorités sportives du pays se trouvent encore confrontées à l’épineux problème  d’infrastructures devant abriter les futurs  matchs du pays.

Un de nos reporters qui a fait le tour des deux principaux stades du pays  (Dixinn et Nongo), dresse une ‘’ Autopsie ‘’ des plus lamentables de ces deux ‘’temples’’ de Sports.

Le Stade du 28septembre porte fièrement la dénomination historique de la date du référendum, ou du moins le ‘’NON’’ à la métropole lancé à l’encontre du Général de-Gaulle (président Français) en 1958, par le président Sékou Touré, est  construit  au début des Années ‘’ 60’’. D'une capacité de 250 places assises, ce stade qui se trouve dans le quartier populeux de Dixinn (Banlieue de Conakry), accueille depuis plus d’un demi-siècle les matchs de l’équipe nationale de football de Guinée ainsi que les matchs de certains clubs du championnat d’élite. Ce stade a accueilli tous les grands rendez-vous du mythique club de Hafia de Conakry (triple Champion d’Afrique des Clubs). Cette grande ‘’Loge’’, n’est  désormais que l’ombre d’elle-même. Des murs fissurés et décrépis, une tribune officielle  qui s’effondre à petit feu sous le poids de l’âge.

Apostrophés par notre reporter, aucun des responsables n’a voulu se prêter à nos questions .Devant notre insistance des langues commencent à se délier.

‘’ Mon frère, je ne peux rien vous dire au sujet de ce stade. On a un nouveau ministre qui nous demande d’être patients et ne point se prêter aux questions des gens comme vous (Journalistes, ndlr)’’. Et pourquoi donc ? Allez Savoir.

‘’Le nouveau promu aux sports (Ministre) à instruit de ne rien dire. L’on sait que la Guinée doit jouer au mois de Février et Mars en Eliminatoires (…), peut être d’ici là, notre stade pourra accueillir des matchs internationaux’’ a laissé entendre cette autorité qui nous a prié de ne rien dire sur son identité.

N’ayant pas obtenu grand chose, direction, le ‘’nouveau’’ Stade de Nongo, à plus de 17 km du premier. Construit vers la fin du régime Lansana Conté (2007), cet autre stade n’ jamais ouvert ses portes et n’a jamais abrité de match officiel. Ici aussi le constat est plus alarmant.

 La première impression qui se dégage de ce ‘’bijou’’, fruit de la Coopération Sino-guinéenne c’est cette faune qui s’érige à la rentrée principale. Une toiture métallique trouée par endroit et des gradins partiellement décrépis offrent un spectacle de désolation.

Une porte entrebâiller  nous laisse croire qu’il n’ ya aucune âme qui vive. Une fois à l’intérieur de la cour, une voix nous interpelle ; ‘’ Halte ! Où vous Allez ?ici on ne veut voir personne, il est formellement Interdit d’y pénétrer’’ nous rappelle le gardien des lieux. Au stade de Nongo, notre seul répondant c’est un vigile. Chose curieuse, aucun accès et aucune prise d’image ne sont permis à cet endroit normalement public. Déçu de ce  ‘’Black-out’’ de la part des autorités nous replions chemin.

 

 

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel: (+224) 655 31 11  13

 

Créé le Dimanche 10 janvier 2016 à 6:25