Reportage : Constat alarmant sur deux plages de Conakry…

Reportage

CONAKRY- Fermées pour cause  de drame il y a plus d’un  an, les plages de lambanyi  et de Taouyah offrent un spectacle de désolation! Ces deux aires de loisir et de distraction pour la jeunesse guinéenne, qui  ont la particularité de se trouver dans la commune de Ratoma, ont perdu leur clarté d’antan.

Pourquoi une telle omerta ? Où sont passés les services du Gouvernorat et de la Commune de  Ratoma ? Que fait-on de la protection de l’environnement ?

Ces questions méritent d’être posées, après un procès retentissant contre les gérants de ces endroits jadis prisés par la couche juvénile.

Il est 13 heures, lorsque  notre reporter, sous un soleil de plomb débarque  devant la barrière qui  bloque la rentrée de la plage de Lambanyi. Chose curieuse, aucun accès n’est permis aux ‘’inhabituels’’ à cet endroit

‘’Stop, accès Interdit à toutes personnes étrangères. Amende 50.000 GNF’’ pouvait-on lire sur un tableau. Malgré notre insistance,  le vigile dans une guérite où il observait tous nos mouvements menace de sévir en cas du manque d’obtempération de notre part.

Que cache-t-on à cet endroit ? Pour ce  jeune habitant rencontré aux abords, ‘’depuis le drame du 1er janvier 2014, personne n’a accès à cette place, ils y ont érigé une grille. Des gens sont  entrains de construire des villas cossues là-bas. On ne parle plus de plage à Lambanyi ’’ soutient ce jeune élève.

N’ayant pas obtenu gain de cause, replis vers la plage de Rogbané, fermée aussi pour les mêmes causes (mort d’hommes suite à une bousculade lors d’un concert de musique urbaine). Ici le constat est plus qu’alarmant. Des ordures nauséabondes pullulent de partout, des sacs de plastiques  remplis de détritus  jonchent les abords de cette plage devenue  un dépotoir de déchets de  tout genre.  

La seule paillote qui servait de refuge aux nombreux clients est détruite. Conséquences  des  individus  ou animaux domestiques viennent  y laisser des excréments.

‘’ C’est vrai qu’il ya eu un drame ici (plage de Rogbané, ndlr), personne ne le souhaite, nous nous inclinons devant  la mémoire de ceux qui sont morts. Mais nous attirons l’attention des autorités au niveau local et national. A cet endroit, plus d’une centaine de jeunes y travaillaient  et pouvaient subvenir aux besoins de leurs familles. Après cette fermeture notre plage  a été abandonnée et est devenue un dépôt d’ordures’’  a regretté Jean Gomou de l’union des Jeunes de Ratoma.

Pour conclure, notre interlocuteur désormais au chômage demande aux pouvoirs de revenir sur sa décision afin de permettre à cette catégorie de jeunes  qui évoluent dans l’informel de retrouver leur ‘’ boulot’’, qui constitue une source de revenus non moins négligeables.

L’on rappelle comme à l’accoutumé, toutes nos tentatives pour joindre les autorités communales, afin de ‘’glaner’’ quelques informations  sont restées vaines.

En Janvier et juillet 2014, plus d’une quarantaine de jeunes ont perdu la vie, dans les plages de Lambanyi (6morts). La justice guinéenne avait  rendu son verdict en  janvier 2015, dans l’affaire dite drame de Rogbané, où au moins 33 jeunes guinéens avaient perdu la vie en juillet 2015  lors d’un  concert de musique urbaine.

 

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel: (+224) 655 31 11 13

 

 

 

Créé le Jeudi 24 décembre 2015 à 7:02