Entreprenariat innovant : Les ambitions de Aguibou Barry de FAPEL Guinée… (Interview)

Interview
Aguibou Barry   Photo-Africaguinee.com
Aguibou Barry Photo-Africaguinee.com

CONAKRY- La Guinée était à l’honneur les 5 et 6 novembre dernier du côté de la capitale française ! Aguibou Barry, le Directeur Général de la société de Fabrication de Pompes à Eau à Labé (FAPEL) a représenté la Guinée à la rencontre de l’entreprenariat innovent. Plein de talent et d’ambitions, M. Aguibou Barry entend contribuer à sa façon à l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes, à travers l’accès à l’eau. Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, le DG de FAPEL revient sur ses projets de lutte contre la déforestation à travers l’utilisation du fer forgé dans la fabrication des meubles…Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Aguibou Barry bonjour !

AGUIBOU BARRY : Bonjour Monsieur Diallo !

Vous avez pris part à la rencontre de l’entreprenariat innovent qui s’est tenu à  Paris. De quoi s’agissait-il exactement ?

Oui effectivement nous avons participé à cette rencontre qui était axée cette année sur le COP21, le climat et l’environnement. Plus de quinze pays ont participé à  cette rencontre. Chacun était venu présenter un projet surtout dans le cadre de l’innovation et l’environnement.

Quel projet-innovent avez-vous présenté au cours de cette rencontre ?

Le projet que nous avons présenté est basé sur l’installation d’une unité de production de pompes à eau à  usage domestique et d’irrigation en Guinée. Comme vous le  savez, la problématique de l’eau se pose partout en Guinée. La quasi-totalité de la population vit de l’eau de source. Cela crée souvent des maladies hydriques comme  le choléra, la diarrhée et tout récemment Ebola qui est une  maladie des mains salles.  Donc, pour palier à ça, nous avons créé la pompe à piston alternatif qui est d’usage multiple, notamment pour les travaux domestiques et d’irrigation en milieu rural. Donc, l’innovation était basée sur ça.

Nous avons présenté cette technologie non seulement par rapport à l’environnement pour aider à diminuer la problématique de l’eau, mais aussi dans les aménagements et le reboisement. Donc, FAPEL a présenté ce projet d’installation d’une unité industrielle des pompes en Guinée. Mais aussi nous avons cherché des partenaires techniques  et financiers pour pouvoir installer une usine de fabrication des pompes en Guinée.

Avez-vous obtenu des partenaires au cours de cette rencontre ?

Nous avons trouvé des partenaires. Il y avait SOVEMA, une société qui fabrique des pompes depuis près de trente ans, qui est installée dans beaucoup de pays africains et asiatiques. Nous  avons travaillé avec cette société, on a eu la chance d’aller au sud de la France, à la base même de cette société. Nous avons visité leurs installations, leur technologie. Nous avons signé un contrat de collaboration pour pouvoir installer non seulement, l’unité en Guinée, mais aussi travailler sur la pompe. Parce que l’objectif c’est de voir comment améliorer la pompe de l’artisanat à l’industrialisation.

En septembre dernier, j’ai eu la chance de rencontrer le Chef de l’Etat à Pita. Il m’a encouragé à redoubler d’efforts, faire des recherches et chercher des partenaires  pour pouvoir installer cette unité de production, créer de l’emploi, former les jeunes. Avec cette société, nous avons travaillé dans ce sens jusqu’à obtenir une convention de collaboration. Donc, nous avons envoyé l’échantillon de ma pompe en France. Ils vont travailler sur elle pour voir tout ce qu’on peut adapter pour l’améliorer et que cette technologie soit transférée en Guinée. C’est notre pompe que nous voulons développer  pour la Guinée mais aussi pour les autres pays africains. Je voudrais aussi préciser de passage, qu’avant notre arrivé à la base de la société, nous avons été surpris de voir nos couleurs nationales hissées. Donc la Guinée a été très honorée.

L’objectif du Chef de l’Etat aujourd’hui c’est d’avoir beaucoup d’unités industrielles en Guinée. Il est temps de l’accompagner pour que 2016 soit une année de bonheur de tous les guinéens.

Donc, ce voyage financé par l’ambassade de France a été une grande pour nous et pour la Guinée.  Puisque nous avons pu rencontrer aussi d’autres partenaires techniques comme Orange-France qui veut installer des startups. Ils voudront bien commencer par nous, nous accompagner. Donc ça été un voyage bien réussi, ça été une découverte pour nous. 

Est-ce que le Gouvernement vous accompagne dans ce projet ?

Le Chef de l’Etat a promis fermement de m’accompagner à travers le SNAPE (Service national d’aménagement des points d’eau, Ndlr). L’objectif c’est d’améliorer le produit (la pompe) pour qu’il soit compétitif sur le plan national et international. C’est ce que nous sommes en train de faire. Je voudrais aussi préciser que  nous fabriquons tout genre de meubles qui n’ont rien à envier aux meubles importés. Même la sous-région vient acheter ces meubles, le Mali, le Sénégal, la Côte d’ivoire, nous les embarquons avec un bon emballage en direction de ces pays. Nous faisons des meubles de bureau, de lits d’hôpitaux, nous équipons des bâtiments à usage d’habitation. Ces meubles sont forgés en fer  pour lutter contre la déforestation. De nos jours, beaucoup pensent que c’est le bois seulement qui est utilisable pour la fabrication des meubles. Mais ce n’est pas le cas, avec le fer forgé, ça diminue considérablement la coupe du bois et il y a une garantie à vie.

Le Chef de l’Etat a promis de m’accompagner et d’accompagner la production locale parce que, c’est ce qui peut développer ce pays. Donc c’est une promesse dont je suis sûr  qu’il réalisera.

Vous avez combien d’employés ?

Nous employons près de 28 personnes. On est en train de former aussi d’autres qui sont sortis des différents centres de formations professionnelles. Par exemple cette année, on a formé des jeunes dans le cadre  de l’accompagnement des jeunes déshérités. Nous sommes en train de former actuellement une trentaine de jeunes.

Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés d’accompagner la production locale. Parce que la Guinée ne peut se développer qu’avec les guinéens. Nous tendons la main à l’Etat pour qu’il  nous accompagne, nous ouvre surtout les opportunités. Parce qu’aujourd’hui, nous avons  ces partenaires étrangers qui veulent venir travailler avec nous, mais c’est la volonté politique de l’Etat qui peut favoriser ça. Si l’Etat accompagne ces initiatives, nous aurons beaucoup d’industriels en Guinée. Moi j’ai rencontré près de 20  entreprises qui veulent travailler en Guinée. Ce qui  manque, c’est l’ouverture et l’accompagnement de l’Etat, mais je suis sûr qu’avec le Professeur ça va venir, puisqu’il a la volonté.

 

Interview réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 31 11 12

 

Créé le Samedi 14 novembre 2015 à 12:14