Psychose d’Ebola en Guinée : Quand les malades fuient l’hôpital Donka…

Epidémie d'Ebola
Hôpital de Donka
Hôpital de Donka

CONAKRY- L’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola a créé une psychose au sein des populations. Les hôpitaux sont moins fréquentés par les citoyens à cause de l’épidémie d’Ebola. Le Centre hospitalo-universitaire  Donka qui abrite le centre de traitement Ebola (CTE) à Conakry, est durement touché par une ‘’pénurie’’ de malades, a appris Africaguinee.com.

Depuis l’apparition de la fièvre hémorragique à virus Ebola en Guinée, le taux de fréquentation des malades a chuté dans cet hôpital, a-t-on constaté. Ce manque d’engouement des populations à envoyer leurs malades dans ce CHU est lié à l’existence du Centre de Traitement Ebola (CTE) dans l’enceinte de l’hôpital. Et, aujourd’hui la pénurie de malades est arrivée à un niveau qui inquiète certains médecins. Pourtant, selon ces derniers cette psychose n’est pas fondée.

Les gens ont la conviction que dès qu’ils arrivent au sein de l’hôpital, Ebola leur saute dessus…

‘’Le problème est que les gens ont la conviction que dès qu’ils arrivent au sein l’hôpital, Ebola leur saute dessus ! Ça fait une phobie telle que très peu de gens viennent maintenant à l’hôpital ici. C’est d’autant plus surprenant que parfois ce sont des intellectuels qui pensent comme ça. Ils pensent que les médecins leur font des injections qui les contaminent. Mais c’est un préjugé et une peur qui n’est pas fondée.  C’est ce qui explique la « pénurie » des malades’’, nous a confié ce vendredi un médecin en service à la section chirurgie viscérale de l’hôpital Donka.

Risques de propagation de certaines  pathologies dans les quartiers ?

Les conséquences de la réticence des populations à fréquenter les hôpitaux  sont assez dramatiques; ajoute le médecin. « Les CHU sont censés avoir plus de compétences que les cabinets médicaux. Donc, si la population fuit les CHU, il est évident qu’il y aura des problèmes au niveau de la prise en charge’’, a confié notre interlocuteur.

Et d’assurer : ‘’dans les services, c’est quand nous suspectons un cas que nous l’envoyons au CTE où il y a des gens qui s’occupent des malades’’.

A Donka, les gens pensent que quand tu viens tu t’infectes…

Au centre des maladies infectieuses de Donka, le constat est encore plus alarmant. Pour tout le service, jadis bondé, il  n’y a plus de 16 malades qui suivaient des soins à ce jour.

Les gens préfèrent aller dans les cliniques privées ou mourir chez eux que de venir à l’hôpital Donka, révèle un autre médecin du service.

 ‘’A Donka, les gens pensent que quand tu viens tu t’infectes, alors que ce n’est pas le cas. Le centre de prise en charge des malades d’Ebola est à part’’, laisse entendre le médecin, conseillant de passage de renforcer la communication pour sensibiliser les populations.

Chute des recettes au service des maladies infectieuses…

La pénurie de malades au sein du service des maladies infectieuses a eu des conséquences négatives  sur le fonctionnement du centre.

‘’Je ne suis pas en mesure de vous donner un taux par rapport à la chute de nos recettes. Mais les salles sont vides. Il y a un manque criard de recettes ici depuis le début de cette épidémie s’abat sur notre pays’’ soutient un médecin sous couvert de l’anonymat.

L’entretien du service est toujours fonction des recettes que le centre fait : les lampes, les toilettes, le sol, les intrants pour le nettoyage du service. Tout ça joue dans le service, explique-t-il.

Nous y reviendrons !

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 31 11 12

Créé le Vendredi 19 décembre 2014 à 23:03