Ebola en Guinée : Immersion dans l’univers des prostituées à Conakry (reportage)

Economie guinéenne

CONAKRY- L’apparition de la fièvre hémorragique à virus Ebola en Guinée, secoue tous les secteurs de la vie socioéconomique du pays. Les travailleuses du sexe dans la capitale  ne sont pas épargnées. Elles se plaignent d’un manque criard de clientèle depuis l’apparition du virus Ebola en Guinée, a constaté Africaguinee.com.

Ebola est une mauvaise affaire pour les prostituées. A Conakry, ces vendeuses de  chairs sont postées et restent aux aguets devant les hôtels, bars et rues de la capitale, dans l’attente d’un hypothétique client.

La maladie du virus Ebola se transmettant au contact de fluides corporels (la sueur, le sang, le sperme), les travailleuses du sexe sont affectées par la peur de la contagion. Elles peinent aujourd’hui à disposer d’un client par nuit. Si avant, elles attendaient de se faire appeler par un client, aujourd’hui, à cause de la baisse de la clientèle, cette donne a changé. Elles se précipitent vers les potentiels clients pour leurs faire des offres, a constaté un reporter d’africaguinee.com.  

A Tahouya Transit en passant par l’hôtel Mariadore-Palace jusqu’au centre Emetteur de Kipé, dans la commune de Ratoma, la horde de prostituées envahit chaque nuit ces lieux.

Le Samedi27 septembre 2014, nous tirons une conversation avec l’une d’entre elles aux environs de 22heures à Taouya, à l’ancien carrefour transit où la débauche, s’effectuait dans un passé récent presqu’à ciel ouvert.  Cette pratiquante du plus vieux métier du monde n’a pas voulu dévoiler son identité.  Elle reste tout de même consciente du danger qu’elle coure en cette période d’épidémie. C’est pourquoi, elle prend certaines précautions en exigeant par exemple que le client se rince les mains avec du chlore avant de passer à l’acte sexuel.

Parlant du prix de son commerce, elle confie qu’elle le fixe par étape. Selon elle, pour un déplacement de 5 heures, elle demande au client un montant de 100.000 francs guinéens (moins de 10 euros). Mais cela  se fait  avec la permission de la cheffe du groupe. Pour passer toute une nuit à l’hôtel, le prix pourrait être fixé de commun accord avec le client, explique-t-elle.

A Gbessia, précisément à l’aéroport Internationale de Conakry, dans la commune de Matoto, les travailleuses de sexe sont beaucoup plus passionnées et disposées qu’à Ratoma. Là, elles sont disposées à vendre leur corps sur place à un vil prix. Le prix varie de 10.000 à 15.000 francs guinéens (selon l’accord) soit moins de 2 euros.

A Kagbélin dans la haute périphérie de la Capitale guinéenne, nous assistons à une scène beaucoup plus drôle qu’amusant entre une prostituée et son client, à Timîsi, un lieu où vendeurs et acheteurs du plaisir charnel se croisent. Une prostituée a accusé son client de n’avoir pas honoré le prix convenu, se lance avec ce dernier des paroles aussi obscènes qu’injurieuses. Un prix, qui selon la jeune prostituée était à 15.000 GNF, alors que le  client soutient le contraire.

Là, tout comme à l’aéroport, les travailleuses de sexes  ne semblent pas se soucier du virus Ebola. Leur seul souci, c’est d’avoir un client. Des clients qui, par peur d’attraper la maladie, ne se présentent que rarement, désormais dans ces lieux.

Quand l’offre est supérieure à la demande, les prix chutent sur le marché. Cette règle de l’économie n’épargne pas les pas les prostituées. Vu  le manque de clientèle elles se voient obligées à se livrer pour une broutille. Comme pour dire qu’Ebola a été une mauvaise affaire pour les prostituées à Conakry.

 

Un reportage de Fatoumata Keïta

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 15

Créé le Lundi 29 septembre 2014 à 18:23